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  • D268EE4A-B309-4A91-9288-A3C085B3B1B8Un patient nous consulte pour une douleur sous la fesse droite survenue après un match de football 3 semaines auparavant. Le patient n’a pas respecté une mise au repos, et a pris des anti-inflammatoires.

    La douleur entraine une boiterie, et rend très difficile la position assise. A l’interrogatoire on retrouve une douleur intermittente dans le mollet du même côté. Le patient ne se plaint pas de douleur de dos. A l’examen il présente un hématome important à la racine de la cuisse, nous décidons de réaliser une échographie qui est l’examen le plus utile et le moins cher  , et permet une étude des fibres musculaires, des tendons et des aponévroses (enveloppes des muscles).

    Notre examen retrouve la présence d’une déchirure musculaire de grade 3 ( sur une échelle de 0 à 4 ) au niveau de la portion la plus haute du biceps femoris (fait partie des muscles ischio-jambiers) à sa jonction avec le tendon conjoint. Fait important dans ce cas, l’hématome « refoule » latéralement le nerf sciatique réalisant à minima une irritation voire une compression de ce dernier. C’est la proximité de l’hématome avec ce nerf qui permet d’expliquer la douleur ressentie dans le mollet de notre patient. (Image 1).

    Image 1. On retrouve à l’echographie un hématome important (points rouges) refoulant le nerf sciatique (points jaunes)

    Image 1. On retrouve à l’echographie un hématome important (points rouges) refoulant le nerf sciatique (points jaunes)

    Certains hématomes peuvent évoluer vers une forme caillotée voir calcifiée . Dans ce cas, le risque est alors que cet hématome réalise une compression constante du nerf sciatique, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale.

    Le traitement a consisté à faire une électrolyse echo-guidée sur la zone déchirée sur 3 séances, en mobilisant l’interface entre la zone de collection hématique et le nerf sciatique afin d’éviter tout phénomène d’adhérence pouvant s’installer lors de la « cicatrisation » (Vidéo ci dessous)  .

     

    Un traitement par Ondes de Choc de faible puissance , a également été appliqué afin de favoriser les mécanismes de proliferation necessaires à la cicatrisation musculaire. Le port d’un cuissard de compression a été recommandé. La prise d’anti-inflammatoires a été proscrite. Cinq semaines après la première échographie, le patient présente une nette évolution clinique ainsi qu’à l’imagerie et commence une petite réhabilitation pour réadapter le muscle à l’effort (image 2).

    Image 2. Après 5 semaines d”évolution. Nette résorption de l’hématome , cicatrisation des fibres. Le nerf sciatique n’est plus refoulé.

    Image 2. Après 5 semaines d”évolution. Nette résorption de l’hématome , cicatrisation des fibres. Le nerf sciatique n’est plus refoulé.

    Ce petit cas illustre l’importance de l’echographie dans le diagnostic des déchirures des ischio-jambiers, en particulier lors des déchirures « hautes » (sous la fesse) afin de proposer un traitement ciblé visant à favoriser une cicatrisation plus rapide et á limiter une éventuelle future compression du nerf sciatique.